Lancement du Centre Africain sur le Genre, Paix et Sécurité/UNI50 Lwiro (CAGPS)

L'Université du Cinquantenaire de Lwiro au Sud-Kivu, UNI-50 / Lwiro a été créée par la loi, nr 09 / MINESURS / CAB.MIN / BCL / GGP / 2012  du 30 août 2012. C’est une institution innovatrice de haut niveau, de recherche scientifique et d'enseignement universitaire et de formation continue  dans les zones rurales post-conflit au Sud-Kivu.

L'objectif principal de l'UNI-50 est d'éduquer et former de jeunes professionnels (de niveau Bac, MSC et PhD) engagés à mettre fin aux conflits ethniques, à promouvoir l'égalité entre les sexes, la bonne gouvernance, la sécurité alimentaire, à atténuer les effets du changement climatique, à contribuer à la réforme du secteur de la sécurité et la reconstruction des infrastructures dans la région des grands Lacs.

Pour remplir sa mission et les objectifs lui assignés, l'UNI-50 / Lwiro a récemment lancé le Centre Africain pour le Genre, la Paix et la Sécurité (CAGPS). Le Centre Africain pour le Genre, Paix et Sécurité est un carrefour de formation, de renforcement des capacités et d'échanges d'expertise sur les questions de genre, de sécurité, de consolidation de la paix, de lutte contre le terrorisme et la bonne gouvernance. Ce Centre, initié et coordonnée par deux femmes, issues des zones post Conflit, est une autre contribution à la Plate-forme de connaissances pour la paix, la sécurité et la bonne gouvernance dans la région des Grands Lacs, mise sur pied par l'UNI50 depuis 2015. Cette plateforme implique plusieurs organisations locales, nationales, régionales et internationales ainsi que de multiples parties prenantes aussi bien du secteur public, que privé. Le CAGPS a donc l'intention de devenir un institut de formation interdisciplinaire et multidisciplinaire qui dépassera les cadres théoriques pour illustrer les connaissances scientifiques  sur le genre et paix, traduire les aspirations de la communauté locale sur les questions de genre et sécurité en les rendre accessibles à la communauté dans les zones d'après conflit.

Les femmes congolaises représentent environ 52% de la population de la RDC: leur visibilité, leur contribution à la sécurité alimentaire et leur rôle central dans la société congolaise sont indéniables et reconnus sur le plan international. Cependant, des études montrent que la position des femmes congolaises dans plusieurs domaines de la vie nationale reste inférieure par rapport aux hommes. L'accès des femmes aux processus décisionnels ainsi qu'aux ressources économiques nationales et aux facteurs de production demeure très limité. Un programme de formation visant à aborder les questions sensibles au genre à tous les niveaux est très impératif en zones post conflit. Ce programme doit inclure les femmes, étant donné que très peu de formateurs et d'experts sont des femmes.

Comme mentionné ci-dessus, la mise en œuvre du cadre juridique, les priorités et politiques gouvernementales sur le terrain restent le plus grand défi pour les institutions d’enseignement. Cela se traduit par un manque de budget pour la mise en œuvre des politiques, une faible compréhension entre les responsables de la mise en œuvre, et la corruption, l'inaccessibilité et / ou la faible qualité des services. Finalement, cela conduit en retour à l'impunité, la corruption par les auteurs qui perpétuent la vulnérabilité et violence au sein des communautés.

Le centre de formation et les universités dans les zones rurales post-conflit sont confrontés à de grands défis pour produire des professionnels talentueux, bien éduqués pour aborder ces questions genre, paix et sécurité dans les communautés. Il y a une grande distance entre les anciens concepts théoriques à l'université, dans les écoles et les besoins réels de la communauté locale. Les services sociaux de base et la réduction de la vulnérabilité devraient faire partie des activités et des programmes d'enseignement des institutions du savoir dans les environnements complexes en zone post conflit. Malheureusement , il persiste une forte déconnexion entre les concepts théoriques de paix, de transformation des conflits, de développement durable, de sécurité,  et la pratique sur le terrain pour atténuer un traumatisme de plus de 20 ans de conflit et d'insécurité, des inégalités infligées à la communauté locale dans les zones post conflit. Diverses institutions informelles et formelles, publiques et privée sont aussi souvent impliquées à des niveaux élevés de violence basée sur le genre (VBG), d'insécurité et d'insécurité alimentaire dans le pays.

La formation et le renforcement des capacités  dans les domaines susmentionnés sont nécessaires pour renforcer une équipe d'experts en éducation capable de développer davantage un programme national adapté sur les questions de genre, de paix et de sécurité.  La mise en œuvre d'un tel programme contribuera en outre à l'evaluation et à la mise à jour du système éducatif  devenu très ancien et insuffisant en RDC. L'Uni-50 / Lwiro/CAGPS souhaite aborder les sujets susmentionnés dans la formation des formateurs pour des communautés locales plus saines et sûres dans les zones post conflit. Car  le programme actuel  d’enseignement est loin de répondre à ces questions. Nous faisons ici appel à toute personne et institutions  tant nationale qu’internationale de nous soutenir matériellement, financièrement en vue d’assurer de la mise sur pied d’un curriculum de formation en expertise locale sur le Genre, Paix et Sécurité dans les zones rurales post conflit de la Region des Grands Lacs.